
Fin novembre dernier, j’étais accroupie dans le salon de notre futur appartement stéphanois, une lampe frontale de travers sur le front. En tirant doucement sur une vieille plaque en métal, j’ai découvert ce que je redoutais le plus : des fils entourés de tissu et de plomb, tout secs, qui semblaient dater de l’époque où l'on s'éclairait encore à la bougie. C’est là que le chantier a pris une tout autre dimension.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit mot : ce carnet de bord contient quelques liens affiliés. Si vous craquez pour un outil ou une méthode via ces liens, je touche une petite commission sans que cela ne change votre prix. Je ne partage ici que ce qu’on a vraiment testé avec mon frère sur nos murs (et nos nerfs).
Le choc de l’ancien face à la sécurité
Au début, on s'était dit avec mon frère qu'on allait juste « rafraîchir » l'électricité. On pensait changer trois prises jaunies et rajouter un disjoncteur ou deux. Quelle erreur de débutants. En grattant un peu, on a compris que l'installation était un véritable château de cartes. Entre mes journées à gérer la paie au bureau et mes soirées à Saint-Étienne, j'ai dû me plonger dans des schémas qui ressemblaient à du chinois.
On a vite compris que pour dormir tranquilles — et surtout pour que nos futurs colocataires ne risquent pas l'électrocution en branchant un grille-pain — il fallait tout arracher. C'est là que la norme NF C 15-100 est devenue notre nouveau livre de chevet. Ce n'est pas juste de la paperasse, c'est ce qui définit si votre logement est assurable et vivable. On a dû apprendre ce qu'était un interrupteur différentiel de 30 mA, cette petite manette qui saute avant que votre cœur ne s'arrête si vous touchez un fil dénudé.

La poussière, le bruit et les doutes
Un soir de février, on s'est lancés dans les saignées. Si vous n'avez jamais utilisé de rainureuse dans de la brique rouge, imaginez un volcan de poussière fine qui décide de s'installer dans vos poumons, vos cheveux et jusque dans vos chaussettes. L'odeur âcre de la poussière de brique rouge qui pique la gorge malgré le masque, et cette pellicule grise qui fige mes sourcils après deux heures de rainurage... c'est une expérience que je ne souhaite à personne, mais qui est pourtant nécessaire pour cacher ces maudites gaines.
On a eu des moments de franche solitude. Je me souviens d'avoir passé une matinée entière à essayer de passer un tire-fil dans une vieille gaine bouchée par du ciment, pour finalement devoir casser le mur à un autre endroit par pur dépit. Mon frère et moi, on s'est engueulés pour savoir si on passait par le plafond ou par le sol. C’est là qu’on se rend compte que la rénovation, c’est 10 % de technique et 90 % de gestion de crise fraternelle.
Pendant que je validais les virements de salaire des employés au bureau le lendemain, mes doigts tremblaient légèrement sur mon clavier, crispés par l'effort d'avoir serré des pinces à dénuder tout le week-end. Et j'avais cette petite voix qui me demandait si on avait bien mis assez de prises dans la chambre du fond. Pour une colocation, c'est le nerf de la guerre.
La spécificité de la colocation : ne pas voir trop petit
C’est là que notre approche diffère d’une rénovation classique. Dans une famille, on gère l'électricité de façon globale. En colocation meublée, chaque chambre est un micro-logement. Si vous avez quatre jeunes actifs qui rentrent le soir, branchent chacun leur ordinateur, leur smartphone, lancent une bouilloire et que quelqu'un d'autre utilise un sèche-cheveux, le tableau électrique doit encaisser une intensité d'usage simultanée bien supérieure à la normale.
On a donc décidé de sur-équiper les chambres. La norme demande une prise par tranche de quelques mètres carrés, mais pour nous, c'était le minimum syndical. On a multiplié les circuits. On a aussi respecté scrupuleusement le nombre minimal de socles de prises en cuisine : la norme en impose 6 pour les surfaces de plus de 4 mètres carrés, mais on en a mis 8. Entre la machine à café, le micro-ondes, le grille-pain et les chargeurs qui traînent, on n'est jamais trop prudents.
Pour structurer tout ça, on s'est beaucoup appuyés sur L'ascension [Coup de cœur]. Ce cadre étape par étape nous a sauvés quand on se sentait submergés par la complexité technique, surtout pour structurer la fin de chantier et la mise en location. Ça nous a évité de faire des erreurs bêtes sur le dimensionnement des câbles, comme oublier que pour les circuits d'éclairage, c'est du fil de 1.5 mm² obligatoire.

Le tableau électrique, le cerveau de l'appartement
Le moment de vérité, c'est le montage de la GTL (Gaine Technique Logement). C'est là que tous les fils arrivent. On a dû installer le tableau à une hauteur accessible, les manettes de commande ne devant pas dépasser 1.80 m de haut. C'est propre, c'est étiqueté, et c'est une satisfaction immense de voir ces rangées de disjoncteurs bien alignées après avoir connu le chaos des fils de coton des débuts.
On a aussi dû penser aux courants faibles (le RJ45 pour internet). Dans une colocation, si le Wi-Fi ne passe pas dans la dernière chambre à cause des gros murs en pierre de Saint-Étienne, c'est le drame assuré dès la première semaine. On a donc tiré des câbles réseau partout. Si vous voulez en savoir plus sur la structure de l'appartement, j'avais raconté comment on avait dû casser une cloison non porteuse pour agrandir l'espace de vie et faciliter le passage des gaines.
N'oubliez pas que si vous refaites tout à neuf comme nous, le passage du Consuel est obligatoire pour attester de la conformité. Je ne suis pas électricienne de métier, et mon frère non plus. On a fait les choses sérieusement, mais on a toujours fait vérifier nos plans par un pro avant de refermer les cloisons. C'est une sécurité indispensable, tout comme le fait de bien se renseigner sur le prix au m2 à Saint-Étienne pour ne pas sur-investir dans des travaux que le marché ne rendra pas.
Ce qu'on retient de cette étape
La mise aux normes électriques, ce n'est pas l'étape la plus « Instagrammable ». On ne voit pas de différence visuelle flagrante comme avec ma première pose de parquet flottant, mais c'est ce qui permet de dormir sereinement. Savoir que chaque circuit est protégé, que la mise à la terre est réelle et que l'installation supporte la vie de quatre adultes modernes, ça n'a pas de prix.
Si vous vous lancez, soyez honnêtes avec vous-mêmes : c'est long, c'est physique et ça demande une rigueur de comptable. Un projet d'investissement peut toujours coûter plus cher et prendre plus de retard que prévu, surtout quand on découvre des surprises derrière les murs. Je ne suis pas conseillère en investissement, je partage juste mes galères, alors parlez-en à un artisan qualifié avant de toucher à votre tableau.
Aujourd'hui, début juin, le tableau est fermé, les prises sont posées et on attaque enfin les finitions. Si vous vous sentez un peu perdu dans l'organisation de votre projet, jetez un œil à L'ascension, ça aide vraiment à garder le cap quand on a la tête dans la poussière de brique. Pour ceux qui veulent spécifiquement creuser le côté gestion humaine, Financièrement libre grâce à la colocation [Valeur sûre] est aussi une excellente ressource pour penser l'aménagement des chambres en amont de l'électricité.
Allez, j'y retourne, il me reste encore quelques caches de prises à clipser avant que mon frère n'arrive avec la peinture !
Tout ce que je partage ici provient de mon vécu et de mes recherches personnelles. Cela ne constitue en aucun cas un conseil médical, financier ou juridique. Parlez-en à un professionnel qualifié avant d'agir sur la base de ce que vous lisez ici.