Mes étapes pour poser de la faïence murale dans une salle de bain

Mes étapes pour poser de la faïence murale dans une salle de bain

C’était un soir tard, le genre d’heure où la fatigue commence à piquer les yeux. Je contemplais les murs nus et poussiéreux de la future salle de bain avec mon frère. J’avais une truelle à la main, lui tenait le niveau laser, et on avait tous les deux ce regard un peu vide qui veut dire : « Dans quoi on s’est lancés ? ».

Avant d'aller plus loin, un petit mot : ce carnet de bord contient quelques liens affiliés. Si vous passez par eux pour un achat, je perçois une commission sans que cela ne change votre prix. Je ne partage ici que les outils ou ressources qui nous ont vraiment aidés à ne pas devenir fous entre deux sacs de colle sur ce chantier stéphanois.

Pourquoi faire sa faïence soi-même (et en blanc classique)

On est en plein cœur de Saint-Étienne, dans le 42000, et on transforme ce grand appartement fatigué en colocation. Le choix de poser la faïence nous-mêmes n’était pas une évidence. Entre mes journées à gérer des fiches de paie et les soirées de mon frère, on aurait pu déléguer. Mais voilà, le budget d’une rénovation complète fond plus vite qu’une glace au soleil en juillet.

On a opté pour des carreaux blancs tout simples, format rectangulaire. C’est le choix de la sécurité pour une colocation : c’est lumineux, ça se nettoie bien, et si un locataire casse un carreau dans trois ans, on en retrouvera n'importe où pour trois francs six sous. Ce projet, on le gère sous le statut LMNP, ce qui nous permet d’amortir ces travaux sur plusieurs années. C'est un aspect que j'ai appris en creusant la méthode pour réussir son investissement locatif avec peu d'apport, même si ici, l'apport, c'est surtout notre huile de coude.

Carreaux de faïence blanche et sac de mortier-colle sur un chantier de rénovation.

L'organisation : le secret pour ne pas finir en larmes

Un samedi pluvieux de février, on a décidé de s'y mettre sérieusement. On a structuré notre approche en suivant les étapes de L'ascension. Franchement, sans un cadre pour nous dire par quoi commencer, on aurait probablement essayé de coller les carreaux sur de la poussière. Le programme nous a aidés à voir le projet comme une suite de cases à cocher, ce qui est rassurant quand on n'est pas du métier.

Je me souviens de la sensation du mortier-colle froid et poisseux qui sèche sur mes avant-bras à travers ma chemise de chantier. C’est une texture particulière, un peu ingrate, qui vous rappelle à chaque seconde que vous n'êtes pas au bureau. Pendant que je préparais les seaux, je me disais souvent que calculer des fiches de paie toute la journée n'est pas finalement moins fatiguant que de porter des cartons de carrelage au troisième étage sans ascenseur.

On a aussi pris le temps de bien préparer le support après trois jours de ponçage intensif. C'est l'étape la moins gratifiante, mais sans un mur propre, rien ne tient. Si vous avez un doute sur la solidité de vos cloisons, n'hésitez pas à demander l'avis d'un pro ; moi, je ne suis pas artisan, juste une proprio qui apprend sur le tas.

Le drame du mur tordu et du laser farceur

En mai, lors d'une fin d'après-midi où on pensait avancer vite, on a pris une leçon d'humilité. Les immeubles anciens de Saint-Étienne ont un charme fou, mais ils ignorent superbement le concept d'angle droit. On a commencé à poser la première rangée en se fiant à notre niveau laser.

Le moment de solitude est arrivé quand on a réalisé qu'on avait posé trois rangées complètes avant de s'apercevoir que le niveau laser avait bougé de quelques millimètres à cause des vibrations du voisin du dessus. Résultat ? Tout était de travers. On a dû tout arracher, nettoyer la colle fraîche en râlant, et recommencer. C’est là qu'on a appris l'importance d'une pige de bois fixée au mur pour soutenir la première rangée, une astuce de vieux briscard qu'on aurait dû appliquer dès le départ.

Utilisation d'un niveau laser pour tracer les repères de pose du carrelage mural.

La technique que nous avons retenue

C'est d'ailleurs un point crucial : si vous prévoyez de faire des travaux dans une colocation déjà occupée, oubliez ma méthode. La pose classique impose un temps de séchage de 24 heures avant le jointoiement, ce qui rend la douche inutilisable. Dans une coloc habitée, c'est la guerre assurée entre les locataires. Pour notre projet vide, c'était gérable, mais c'est un paramètre à anticiper si vous rénovez en site occupé.

Application du mortier-colle à la truelle crantée sur un mur de salle de bain.

Les finitions : là où tout se joue

Mi-juin, juste avant la mise en peinture des autres pièces, on s'est attaqués aux joints. C'est le moment magique où le puzzle devient enfin un mur. C'est aussi le moment où mon frère et moi on s'est le plus disputés : lui voulait aller vite, moi je voulais que chaque interstice soit parfait. On a fini par trouver un compromis autour d'une pizza froide sur un carton de carrelage.

On a respecté scrupuleusement le temps de séchage avant jointoiement de 24 heures. C'est long quand on veut voir le résultat final, mais c'est le prix de la tranquillité pour éviter que les carreaux ne glissent ou que l'humidité ne s'infiltre. Pour ceux qui veulent approfondir l'aspect gestion de projet et aménagement spécifique, le guide Financièrement libre grâce à la colocation est une excellente ressource pour penser l'usage futur des pièces d'eau par plusieurs personnes.

Entre la salle de bain et la cuisine, on commence à prendre le coup de main. D'ailleurs, j'ai pas mal appris aussi en rénovant une cuisine ancienne à petit budget juste avant d'attaquer ce chantier.

Mur de faïence blanche fraîchement posé avec croisillons de 2 mm visibles.

Ce qu'on retient de cette expérience

Aujourd'hui, quand j'entre dans la salle de bain, je ne vois plus les erreurs (enfin, presque plus). Je vois une pièce propre, saine, prête à accueillir les futurs locataires. Faire sa faïence soi-même, c'est une sacrée économie, surtout dans une ville comme Saint-Étienne où le prix au m2 est bas, ce qui rend l'investissement ultra-rentable si on maîtrise ses coûts de travaux.

Mais attention, ce n'est pas de l'argent gratuit. C'est du temps, de la sueur et parfois quelques engueulades fraternelles. Je ne suis pas conseillère en investissement, et je vous rappelle que tout projet immobilier comporte des risques, mais voir ce qu'on est capable de faire de ses propres mains, c'est une satisfaction qu'aucune fiche de paie ne m'a jamais apportée.

Si vous avez envie de vous lancer mais que la partie organisation vous terrifie, je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à la structure proposée par L'ascension. C'est ce qui nous a permis de passer de « on ne sait pas quoi faire » à « on a fini la salle de bain ». Et entre nous, si j'ai réussi à le faire sans y laisser mes nerfs, tout le monde peut y arriver.

Veuillez noter :
Tout ce que je partage ici provient de mon vécu et de mes recherches personnelles. Cela ne constitue en aucun cas un conseil médical, financier ou juridique. Parlez-en à un professionnel qualifié avant d'agir sur la base de ce que vous lisez ici.